Dans cette première partie, nous allons parler du style narratif. C’est un terme qui décrit la manière dont une histoire est racontée. Cela inclut à la fois le point de vue narratif, la structure narrative, le ton employé et le rythme pour transmettre le récit. Le style narratif a un rôle important dans la manière dont les lecteurs et auditeurs perçoivent l’histoire.
Commençons par le point de vue narratif. Dans Les sept sœurs, Lucinda Riley a écrit son roman à la première personne du singulier. C’est donc un point de vue interne. Nous sommes plongés directement dans le personnage de Maia, avec ce qu’elle ressent, voit, pense et fait. Nous pouvons donc suivre Maia dans tous ses déplacements. Ce mode narratif est limité à la subjectivité du personnage, mais permet aux lecteurs et auditeurs de s’identifier au narrateur. A l’inverse, les passages de l’histoire d’Izabela est écrit à la 3ème personne du singulier. Cela permet de garder la narration de son histoire, en la gardant un peu plus à distance, et ainsi faire la différence entre Maia dans le temps présent, et Izabela dans le passé.
Passons maintenant au ton de la narration. C’est ce qui permet d’induire certaines émotions chez le lecteur. Madame Riley utilise plutôt un ton dramatique. En effet, l’histoire débute par la mort du père de l’héroïne, ainsi que la volonté de Maia de fuir un personnage de son passé. Ici, c’est la tristesse que l’autrice cherche à susciter chez le lecteur. Il y a aussi des tournures qui laissent des questions en suspens, notamment ce qui est arrivé à Maia dans son passé. Tout comme le point de vue interne, utiliser un ton particulier permet au lecteur de s’identifier à l’héroïne.
Continuons avec la structure narrative. C’est l’organisation des événements dans le temps. Certaines histoires suivent une chronologie linéaire, alors que d’autres jouent avec le temps en utilisant des flashbacks ou des sauts dans le passé. Dans le roman de Lucinda Riley, c’est une structure non-linéaire. En effet, nous pouvons retrouver une alternance de parties, dont la moitié se déroulent dans la chronologie de Maia, lors de ses recherches, et l’autre moitié suit la chronologie d’Izabela, l’arrière-grand-mère de la traductrice. Le passage de l’une à l’autre se fait de façon fluide, puisque lorsque nous passons de l’époque de Maia, à celle d’Izabela, c’est parce qu’elle s’est plongée dans un élément du passé, avec des lettres ou le récit de la domestique.
Finissons par le rythme du roman. Comme expliqué précédemment, nous passons d’une chronologie à l’autre. Et alors que l’histoire d’Izabela se déroule sur plusieurs années, celle de Maia se déroule sur quelques semaines, puisqu’elle fait des recherches sur son passé après la mort de son père, et que cela ne dure pas longtemps. En effet, elle a été aidée sur place par Floriano, passionné d’histoire, qui a des connaissances utiles parmi ses amis. C’est grâce à lui que le duo va en connaître plus sur le carreau de mosaïque, ainsi que sur l’histoire de la famille Bonifacio. Il y a donc une différence de temporalité entre les deux histoires que nous pouvons suivre dans ce premier tome.
2. Points forts
L’autrice nous plonge directement dans les rues et l’histoire de Rio. De part ses descriptions, nous pouvons imaginer être sur place et découvrir ainsi la ville. Chacun des bâtiments et monuments cités existent, sauf la maison des Bonifacio bien évidemment, permettant ainsi d’ancrer l’histoire dans la réalité.De plus, Riley a su retranscrire avec brio les émotions ressenties par les personnages principaux, Maia et Izabela. Elle a utilisé un lexique varié, et nous sommes curieux de savoir ce qui est arrivé à Maia pour qu’elle en soit venue à fuir son domicile et se lancer dans la quête de son identité. Notons ici une habileté de l’autrice à capturer les relations humaines, notamment avec le rapprochement de Maia et Floriano, ou encore la naissance de l’amour entre Izabela et Laurent, ainsi que leur passion dévorante. Rappelons que Laurent n’a pu oublié sa ‘’Bel’’ et décide, avec l’accord de son mentor, de venir à Rio superviser la construction du Christ Rédempteur et surtout de revoir la femme dont il est tombé amoureux à Paris.
C’est donc ici les points forts de ce livre.
3. Points faibles
A l’inverse, ici se ressent le fait que c’est le premier roman de la saga. Le personnage de Maia ne permet pas de s’identifier vraiment, elle ne se dénote pas par son caractère, contrairement à ses sœurs. Peut-être est-ce une volonté de Riley, ou alors, elle n’a pas su comment la rendre plus vivante, plus intéressante.Par ailleurs, certains passages peuvent être prévisibles, certaines relations aussi, comme la naissance illégitime de l’enfant de Laurent et Izabela, ou encore le fait que Floriano et Maia finissent pas se mettre en couple. Par ailleurs, le fait que Floriano exerce une profession d’historien en plus de son écriture, cela peut paraître exagéré, et surtout qu’il ait de nombreuses connaissances qui fassent avancer l’histoire, nous retrouvons là de bonnes facilités scénaristiques.
Enfin, sans connaître l’histoire du Brésil à l’époque d’Izabela, le lecteur pourrait prendre pour argent comptant ce qui est écrit sur la vie au Brésil, avec les milieux aisés, sans que les milieux pauvres ne soient évoqués, à l’inverse de l’époque de Maia où l’on parle que des classes populaires, sans pour autant parler des classes aisées, et des classes modernes. S’intéresser un peu plus à la culture brésilienne pourra palier ce point faible.
4. Réception du 1er tome
Après tout ceci, nous pourrions nous demander ce qui explique le succès de ce premier tome, malgré les points faibles que nous avons évoqués.
Nous ne ferons que des suppositions pour répondre à cette question.
Pour commencer, l’écriture de Riley rend la lecture agréable. Comme nous l’avons indiqué, l’utilisation de la première personne du singulier rend plus facile l’identification au personnage.
Par ailleurs, le mystère autour de Pa Salt accroît la curiosité autour de lui et accroche le lecteur, le laissant sur sa fin. Et le mystère autour de cette personne que Maia veut fuir reste important et est un autre élément à éclaircir. Qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que Maia, qui ne bouge jamais de chez elle, casanière comme elle est, décide de partir à l’autre bout du monde, sous prétexte de rechercher sa famille d’origine ? Cela, nous l’apprendrons à la fin du roman.
Enfin, il est fort probable que la quête d’identité reste un sujet très attractif, d’autant plus qu’il est bien amené par l’autrice.
Le tome 1 reste la porte d’entrée de la saga, et les lecteurs se sont engouffrés sans aucune résistance pour suivre les aventures des sœurs d’Aplièse, et percer le mystère autour de Pa Salt.
Pourtant, je n'avais pas lu le livre. Ce n'est pas faute de mon père de m'en avoir parlé. Mais voilà ! Qui écoute ses parents à l'adolescence ? Surtout pour une suggestion d'un thriller/science-fiction génétique. D'autant plus que j'étais beaucoup (trop) obnubilée par la magie et les créatures fantastiques. Bonjour sorciers, loups-garou et vampires !
Puis, une copine a recommandé dans notre fil bibliothèque la lecture audio. Et je me suis laissée tenter. Et alors, quelle déception de ne pas l'avoir lu plus tôt ! Le livre est beaucoup plus développé que le film 1. Des scènes retrouvées dans le film 2 sont en réalité des scènes du tome 1. Et parlons-en de Ian Malcolm ! Ce personnage est vraiment trop sous-côté dans le film. Il a une très bonne réflexion sur l'homme, sa place sur la Terre et son impact sur la nature. C'est un livre de 1990, mais Michael Chrichton était déjà dans la mise en garde sur le chemin que prend l'humanité. Et malheureusement, il est encore plus d'actualité maintenant, où ce qui compte le plus, c'est l'argent. Tout est monétisable aujourd'hui, pour toujours gagner plus, au dépens des autres, de la nature, de notre environnement. Ian Malcolm a raison : la planète se remettra de l'agression quotidienne de l'humain sur notre environnement, nous non. Alors, peut-être qu'il a un regard très pessimiste sur tout ça, mais 35 ans après, son discours me fait écho !
Le petit plus : il y a des dinosaures !